Groupe de poires

Hier soir réunion mensuelle de notre « Groupe d’analyse de pratiques » dit aussi « Groupe de pairs®« . Donc après le boulot, une demi-douzaine de médecins généralistes se réunissent pour discuter de leur métier et essayer d’améliorer leurs pratiques.

Nous discutons de cas tirés au sort dans notre journée de travail, nous organisons des audits et autres évaluations. Et tout ça, bien sûr, sans aucune rémunération et même sans repas ou apéritif pharmaceutique. Indépendance, indépendance !

La discussion hier soir m’a franchement déprimé. Faire de la bonne médecine est de plus en plus difficile. Les pressions extérieures, médiatiques, commerciales, administratives semblent de plus en plus importantes. Comment résister à la demande d’un patient qui a « vu à la télé » le « grand professeur » (payé par l’industrie pharmaceutique) qui recommande tel examen ou telle thérapeutique ? Et surtout, pourquoi résister ? Nous n’avons rien à y gagner, si ce n’est la perte d’un client et une perte de temps à essayer d’expliquer notre refus à quelqu’un qui ne veut ou ne peut pas l’entendre.

Faut être maso quand même !

5 pensées sur “Groupe de poires”

  1. Parce que la publicité direct to consumer est interdite en france, donc je ne vois pas très bien comment vos patients pourraient réclamer des médicaments et actes médicaux vus à la télé, puisque chez nous ca n’existe pas.

    Je pense que votre analyse du « vu à la télé » est complétement fausse.

    C’est vu sur Internet.

  2. Dans ma campagne, très peu de mes patients « vont » sur Internet. Ils sont âgés, ou très âgés. Ils lisent le journal local et regardent la télé.

    Il y a en ce moment une campagne sur une maladie des ongles qu’il faudrait absolument traiter. C’est bien sûr le labo qui produit le médicament (non cité dans la pub) qui paye la campagne. Les gens viennent donc me voir en me disant « Ça m’a fait peur ! Je ne savais pas que mes ongles étaient malades ! ». Et même si je leur dis que leur « maladie » n’a aucune conséquence, il est bien rare que je puisse échapper à la prescription du produit miracle.

    Vu à la télé, veut dire aussi recommandé dans des émissions « médicales » par les intervenants.

    Je crois que j’aurais l’occasion de revenir sur tous ces problèmes dans des messages ultérieurs.

    Merci de me lire !

  3. Je vois très bien à quel « pub » tu fais allusion, c’est celle de Galderma.

    Ce qui m’inquiète c’est quand tu dis que la maladie n’a aucune conséquence, certes, mais c’est peut-être pas une raison pour ne pas la soigner ?

    Autre chose auquel ton post m’a fait penser : pire que la pub médicale, il y a effectivement les émissions ou on parle de santé… là c’est vrai que c’est n’imp’…
    j’en ai vu une il n’y a pas longtemps avec mireille dumas et sandrine bonnaire qui était effrayante.
    en l’occurence ca crachait sur les médicaments à fond (mais c’est clair que cela aurait pu être l’inverse)

    c’est vrai que c’est éthiquement très gênant.

    ne me remercie pas de te lire, j’y prends du plaisir, sinon je ne le ferai pas !! 😉

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