Vous pouvez vous rhabillez

« Vous pouvez vous rhabiller ! »
Cette petite phrase anodine est souvent le début d’un long intermède plus ou moins cocasse. Si le déshabillage est parfois long et pénible, le rhabillage est souvent interminable.

Les hommes, en particulier ont le chic pour venir chez le médecin avec des chemises raides neuves avec de tout petits boutons, plein de tout petits boutons. Avec de gros et vieux doigts d’agriculteurs, c’est sportif. Surtout le dernier bouton du col. C’est qu’il faut TOUS les boutonner, boutons des manchettes compris.

Un de mes patients met sept minutes pour se rhabiller. C’est inéluctable, inévitable et incompressible. C’est toujours sept minutes. J’ai bien essayé de l’aider, mais ça le perturbe. Il s’est déshabillé avec méthode, ne gardant que son maillot de corps et son pantalon dégrafé. Il commence par enfiler sa chemise ; un bras, puis l’autre bras, puis il attaque les boutons. Pendant ce temps, je fais autre chose. Je classe mon courrier, je lis quelques blogues. J’ai essayé de lui parler, mais dans ce cas IL S’ARRETE. Je le surveille du coin de l’œil pour éviter qu’il ne s’aperçoive en fin de boutonnage qu’il a tout décalé d’un cran et qu’il faut tout reprendre à zéro.
La chemise boutonnée est rentrée laborieusement dans le pantalon, la ceinture doit être bien sûr serrée à bloc. Le pull over est un peu plus facile à enfiler. Il met alors sa veste, fouille dans la poche intérieure pour sortir son chéquier, sort son stylo d’une deuxième poche et compose son chèque avec application. Il y a tout : la date, le nom complet du Docteur, tout. Puis il plie l’ordonnance que je viens de lui faire,… en quatre, et essaye de la rentrer dans une poche extérieure de la veste qui n’a manifestement pas été conçue assez grande. Il insiste et après quelques contorsions arrive à la faire rentrer. Il remet son chèque dans sa poche intérieure, referme sa veste qui a aussi son lot de boutons, puis ajuste la ceinture qui serre la taille de cette fichue veste. Et là, enfin, il peut sortir du cabinet. Sept minutes ! Pour un striptease de Carla Bruni, c’est court, pour le rhabillage d’un monsieur, c’est très très long.

Et il pourrait avoir un chapeau !

6 pensées sur “Vous pouvez vous rhabillez”

  1. Quand cela m’arrive, mon sourire se crispe de plus en plus au fur et à mesure que les minutes s’égrennent.
    J’ai pas mal aussi: la vieille dame qui vient m’ouvrir la porte du jardin (cinq mètres parcourus difficilement) et qui s’arrête à chaque fois qu’elle ou que je lui parle! Et c’est une bavarde

  2. Rah ça me fait penser à quelqu’un de ma famille ! Au ski, dés qu’il tombe (pas forcèment du grosse chute), il déchausse, se mouche, puis réajuste sa combinaison, son bonnet etc., chausse ses skis et repart. Tout le temps le même rituel long et appliqué ! 😀

    Installez un compteur sur votre bureau, il devrait aller plus vite. 🙂

  3. Ben finalement, ils évoluent un peu dans le rhabillage…
    Mes petits CP de 6 ans mettent 20 minutes pour réussir à mettre une chaussette à l’envers,puis une autre (celle du voisin), un pantalon avec des boutons qui explosent dès qu’ils respirent, et un tee-shirt. Péniblement des chaussures, qu’ils ne savent pas lasser. Bonnet, gants, écharpe, cache-nez, polaire, doudoune… on ne sait jamais, si l’hiver polaire était subitement arrivé depuis le matin.
    Pour finalement, lorsque je suis en sueur, car MOI je suis habillée depuis belle lurette, s’apercevoir qu’ils ont oublié de mettre leur slip. « Oui, ben tant pis, tu expliquera à ta maman, hein, je le mets dans ton sac…le chauffeur du bus, il ne va pas nous attendre!! »

  4. Ah ah messieurs les médecins qui allez bien,vous vous moquez du grand age !!!Vous verrez ce que vous ferez ds 30 ans!!!!
    Ceci dit ,je comprends! et votre façon de raconter la séance de rhabillage est assez drole!!!

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