Témoin que rien

L’histoire de Marc Machin me semble exemplaire pour expliquer la différence entre une preuve et un témoignage.
Quand je dis que l’homéopathie n’est pas plus efficace qu’un placebo, on m’oppose toujours des « preuves » d’efficacité du genre : « Mon fils avait de l’asthme et depuis qu’il prend de l’homéo, il en a plus ! » ou « Il y a des milliers de gens soulagés par l’homéopathie. » Ce n’est pas une preuve, ce ne sont que des témoignages et comme démonstration scientifique, ça ne vaut rien.

La condamnation de Marc Machin montre bien qu’un témoignage peut toujours être biaisé. Parfois de façon totalement inexplicable. Comment comprendre qu’un innocent puisse accepter de s’accuser d’un meurtre qu’il n’a pas commis ? Pourquoi les histoires médicales que racontent certains patients sont si différentes de la réalité vécue ?

Une preuve, c’est autre chose. C’est quelque chose qui peut-être reproduit à l’identique. Un test ADN est une preuve. Vous pouvez le refaire dix fois, vous aurez dix fois le même résultat. Vous pouvez le faire refaire par d’autres et vous aurez encore le même résultat.

Une étude scientifique peut être une preuve, si elle est bien construite. Si vous étudiez l’action du paracétamol contre la douleur avec une belle étude, vous obtiendrez toujours une action du paracétamol supérieure à celle du placebo. Par contre, si vous demandez à des gens leur vécu du paracétamol, vous aurez ceux qui vous diront que « rien d’autre ne les calme » et ceux qui vous diront que « ça ne me fait rien ».

Dire que l’homéopathie n’a pas fait la preuve de son efficacité n’est pas une insulte contre les adeptes des petits granules, mais un fait. Tous les témoignages n’y changeront rien.

12 pensées sur “Témoin que rien”

  1. En l’occurrence c’est quoi l’efficacité du placebo ?

    Sinon, bien d’accord avec vous. J’ai fait des études d’histoire ancienne dans le temps. Quand je discutais de mon sujet de recherche avec mon entourage, il m’était très difficile d’expliquer pourquoi parfois il ne faut pas croire l’auteur ancien qui nous raconte que bla bla. Même quand il dit l’avoir vu de ses yeux.

  2. L’efficacité du placebo : vaste domaine de recherche. Je ne cesse, malgré les années d’être émerveillé par ce merveilleux médicament. 😉

  3. l’efficacité du placebo nous rappelle simplement l’unité de l’être humain: tête et corps et que les 2 ne sont pas dissociables. C’est bizarre comme en ce moment, on a l’impression de redécouvrir ces notions en médecine comme on redécouvre l’importance de la nutrition.

  4. Difficile, en tant que patient(e), de démêler le vrai du faux dans tout ça…
    Pour l’un de mes problèmes, j’ai commencé par la médecine dite traditionnelle : ça n’a rien donné. Je me suis tournée vers l’homéopathie. ça n’a rien donné non plus. Du coup, je n’ai toujours pas d’avis réel… J’attends les faits. Qui ne viennent pas toujours.

  5. C’est oublier que notrecorps n’est pas unemachine.Il serait si simple d’avoir unerecette outefaire: prends ci tu obtiendrascela! Bé non! Etude scientifique ou non…nousne sommesrésolument pas des machines (sinon ..leschimio seraient standardisees or force estdeconstater que c’est parfaitement impossible) pas de « oui mais »…homeo, accupuncture, alopathie..peu importe la méthode tant qu’elle soulage etaide ,non? A moins que ceci justement constitue le talon d’achile de nos cher « toubibs », les mettent face à leur incapacité à soigner à tout prix?
    😉
    Qu’en pensez vous doc?

  6. bien sur que nous les médecins, nous avons été formés pour avoir toujours une réponse à un problème et que lorsqu’on ne trouve pas on a le genre de réponse: c’est viral ou c’est le stress.On a effectivement du mal à admettre qu’on ne sait pas tout même si on connait une grande partie du fonctionnement humain, on découvre tous les jours en médecine. Mais de plus en plus de médecins se remettent en question et font appel à d’autres soignants; c’est la pluridisciplinarité et cela permet une meilleure prise en charge des patients. Les patients nous obligent quand même à une certaine humilité et c’est tant mieux car c’est ainsi qu’on avance.

  7. Vive l’homéopathie et les médecins et malades qui y croient! C’est leur chance, et c’est pour ça qu’ils peuvent dire que ça marche…
    J’aurais revé n’avoir pas trop reçu de formation scientifique et critique, car je pense qu on peut etre un tres bon docteur si on est un homeopathe qui a la foi et qui la transmet: un placebo n’est il pas le meilleur lorsqu’il est un humain ?
    Bien sur avec toutes les limites qu on connait….
    Alors voilà, moi je suis tres triste, je sais que ça ne marchera jamais pour moi: ni professionnellement, ni personnellement parceque je n’ai pas accès à ce pouvoir magique…

  8. Je crois que le rôle du soignant n’est pas de croire en telle ou telle pratique mais de tout faire pour prendre soin correctement de l’être humain dont il a la responsabilité en tenant compte bien sur de ce qui est validé mais aussi des autres choses, du moment qu’elles ne sont pas nocives.
    Il faut se rappeler que le soignant est le premier traitement du patient mais il ne sait ni à quelle dose il doit se prescrire ni quels sont ses effets secondaires! (référence: M.BALINT)

  9. Ah l’homéopathie ! un truc bien français !
    Je n’ai pas de veine, je n’y crois pas. Car il s’agit bien de croyance.
    Une histoire vraie :
    Un jour, ma mère voit les enfants de la fille du voisin jouer à la dinette avec des tubes de médicaments. Ils avalaient des tas de pilules. En faisaient de la soupe avec de l’eau, etc. Ma mère prévient les parents. Qui répondent :
    ils peuvent en avaler autant qu’ils veulent. Ça n’a aucun effet, c’est des pilules homéopathiques.
    C’est ainsi qu’on a appris que les parents étaient visiteurs médicaux d’un laboratoire homéopathique.
    http://lefenetrou.blogspot.com/2009/01/loscillococcinum-zavez-pas-vu-mes.html

  10. Bonjour, l’homéopathie est si mal connue qu’il faudrait se mettre d’accord.

    L’Homéopathie pluraliste n’est qu’une façon déguisée de faire de l’allopathie, pour rester moderne et prescrire vite en étant certain de rempir sa salle d’attente. Tout le monde croit avoir affaire à un homéopathe.

    On trouve même ici un article les informant : http://www.homeoint.org/ehhds/articles/uniciste.htm

    Extrait du mémento homéopathique du CEDH
    « …sur le plan technique, cela amène à ne pas privilégier les signes psychiques, les symptômes particuliers ou rares comme le conseille kent ou d’autres du fait de leur engagement philosophique , mais au contraire, et c’est la position du CEDH à tenir compte d’abord des signes lésionnels ou fonctionnels, de leur localisation, des modalités quand elles sont fiables, de l’étiologie et de l’anatomopathologie si elles sont connues, et de l’état psychique du sujet s’il a changé depuis le début de sa maladie. Enfin, il faut bien vérifier qu’il existe dans la matière médicale un ou des médicaments dont les possibilités sont bien réelles dans le cas en cause ».

    « Avec le pluraliste vous n’êtes pas depaysés, vous avez vraiment l’impression de parler le même langage que le médecin. Et quand vous serez devenu un pilier de sa salle d’attente, vous arriverez parfois à deviner son ordonnance. Le pluraliste en plus d’être pluraliste est didactique.
    Cerise sur le gateau, l’ordonnance du pluraliste ressemble à celle du médecin moderne. Question quantité vous en avez pour votre argent. Lui au moins est moins fénéant que l’autre qui se foulait pas la patate en écrivant un mot au milieu d’une page. Là vous êtes en terrain connu et c’est rassurant.

    Autre avantage, La consultation chez le pluraliste est nettement plus rapide. Vous pouvez prevoir d’autres rendez-vous dans la journée, aller chez le coiffeur, faire les courses au LECLERC, etc. Le pluraliste, lui, ne doute pas, hésiter entre plusieurs médicaments n’entre pas dans son mode de fonctionnement, par definition. Autant de problèmes, autant de solutions, autant de remèdes, elle est pas belle la vie. Le pharmacien, ne lit toujours pas le latin, mais avec le pluraliste sa courbe d’apprentissage est beaucoup plus rapide. (NdR: il n’y a pas que la courbe d’apprenstissage qui soit plus rapide)

    Au final vous aurez toujours de délicieux granules à faire fondre consciencieusement mais plusieurs fois par jour, des différents, de toutes sortes. Les enfants seront ravis parce qu’ils adorent le sucre, les adultes eux, apprendront la patience et l’organisation et devront s’équiper d’un palm ou du dernier iPhone pour ne rien oublier.

    Publié par Dagon

    A l’opposé:

    http://www.homeopathie-hahnemann.org/
    Quand on revient aux bases, après seulement, on peut parler d’homéopathie. Le plus drôle, c’est que les patients eux-mêmes ignorent totalement ces deux camps. Et on pourrait en ajouter.

    Cela ne change strictement rien à l’absence de preuves scientifiques, que c’est un placebo etc.

    Je dirais simplement pour la culture générale.

    http://www.consultationhomeo.com/Le_plaisir_de_se_guerir.pdf

  11. docteurdu16.blogspot.com/…/des-acouphenes-et-le-bon-orl-histoires.html
    Ici,au moins, en médecine générale, le placebo fait partie intégrante de la relation avec le patient. C’est trop rarement reconnu…D’un autre coté, cela peut être vu comme une forme de clientélisme, genre je vous donne un truc en échange vous me fouttez la paix car on ne peut rien faire.

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