Le dextropropoxyphène retiré du marché

Alléluia ! Mais combien de morts pour rien ? Tout ce temps sans réagir.

1982 : Revue Prescrire — anorectite nécrosante (pour les suppos) et intoxications gravissimes
1993 : réduction de la dose de dextropropoxyphène dans les suppos
1996 : Revue Prescrire — hypoglycémies
1999 : Revue Prescrire — interactions avec la carbamazépine (Tégrétol®)
2000 : Revue Prescrire — rapport bénéfice risque défavorable (« Il n’est pas raisonnable de faire prendre aux patients tous ces risques pour un gain antalgique incertain »)
2001 : Pharmacovigilance — atteintes hépatiques
2003 : Retrait du marché suisse
2004 : Pharmacovigilance — ulcérations œsophagiennes
2005 : Retrait du marché britannique – retrait du marché suédois
2005 : 7 décès déclarés en France — plus de 2000 aux USA entre 1981 et 1999 (hors suicides)
2007 : Retrait de la liste des médicaments autorisés au CHU de Toulouse
2009 : Retrait progressif du marché européen.

24 pensées sur “Le dextropropoxyphène retiré du marché”

  1. Je ne prescris plus depuis un bon moment mais il me semblait que ce produit était efficace quand il était prescrit dans de bonnes indications.
    Ne croyez vous pas que les problèmes viennent du fait que les antalgiques sont souvent donnés trés largement sans évaluation correcte et réévaluation?
    J'ai la sensation que la médecine générale a beaucoup changé depuis 10 ans. Qu'est il arrivé aux médecins généralistes?

  2. >mdt
    Malheureusement, le Diantalvic n'a jamais montré d'efficacité supérieure au paracétamol simple. Mais de façon individuelle, certains patients semblent bien soulagés par ce médicament.
    >Therese
    Le retrait est progressif pour laisser le temps aux Agences et aux médecins de sauver la face. Il y aura encore quelques morts pour rien. Mais qui s'en soucie ?

  3. Le retrait d'un médicament pose la question à nouveau de l'obtention d'une AMM , de la qualification, de l'intégrité des gens qui décident et de l'investissement réel dans la recherche de vrais nouveaux produits

  4. Pour les migraines faut voir son médecin. De très nombreux traitements existent:

    -Traitements de la crise: Paracétamol, codéine, aspirine, AINS, triptans, dérivés ergotés… Sous tous types de formes (orale, nasale, rectale, injectable)

    -Traitements de fond:
    B-bloquants, antisérotoninergiques, flunarizine, amitriptyline, AINS, valproate, topiramate… et bien sûr les approches non médicamenteuses: relaxation, TCC, biofeedback, acupuncture…

    Un étudiant en médecine

  5. je vien spar ici pour la premiere fois, et un peu par hasard ! le sujet m'interresse bien sur, puisque je suis depuis longtemps sous di antalvic ! et actuellement j'en prend 10/ jours ! oui, largement au dessus de la dose max ! mais le patient veut être soulager, et quand on ne trouve pas d'autres solutions, c'est toujours ca de pris, même si pas efficace a 100 pourcent ! loin de là ! mon médecin est au courrant! perso ca me géne su'il soir retirer du marché ! ca ne me fait pas plus peur que ca …

  6. -> Aurélie
    C'est pour cela qu'il faut des agences du médicament indépendantes. Ni les médecins, ni les patients ne sont capables de percevoir par leur expérience trop limitée les dangers (ou les bienfaits) d'un médicament.
    10 Diantalvic par jour, ce n'est plus un traitement de la douleur, c'est votre dose de drogue. Et quand vous n'avez pas votre drogue, votre corps souffre pour vous dire qu'il est en manque. Le dextropropoxyphène est bien connu pour être une drogue puissante alors qu'il n'est qu'un faible antalgique.
    Bon courage.

  7. V
    merci d'avoir répondu a mon com , personnellement je ne le le faisait pas pour cette raison, mais tout simplement parceque le sujet m'interressé ! pour te répondre, le di antalvic ne me soulage pas ! je ne vais pas polémiquer sur mes pb de santé, un blog n'est pas fait pour ca, c'est pour mon dos, de grosses douleurs quotidiennes de jours comme la nuit, et avec le boulto, c'est pas top ! je suis intolérante au tramadol et a la codeine ! alors mon médecin ne sait plus quoi faire ….. moi avec !
    voilà ! pour l'explication ! pour changer de sujet, j'ai visiter un peu plus approfondie ton blog hier soir, et je le trouve trés interressant !
    bonne journée !

  8. A l'attention -entre-autres- d'Eric-Joseph, étudiant en médecine,
    Après avoir fréquenté différents Centres anti douleur en france,et testé toute la liste des solutions standard qu'il énumère et d'autres encore, je suis tombé par hasard, au bout de 12 ans de recherche sur Propofan qui traitait miraculeusement ma migraine ! et ça dure depuis une vingtaine d'années…
    J'ai commencé par paniquer à l'idée de passer à nouveau 36 heures consécutives avec la migraine; puis je me suis dit que j'irai chercher mon produit miracle en Suisse ou en Norvège…

  9. Salut GTR38 et à tous/toutes. 12 ans de centre anti-douleur, ça commence à faire ! Le Propofan (qui contient en outre un peu de caféine) est connu pour être efficace, y compris parfois lorsque le Diantalvic ne l'est pas.
    Il peut quand même être utile de reconsulter car depuis 20 ans les traitements ont considérablement évolué. Aussi, l'inefficacité d'une molécule ne préjuge pas de l'inefficacité de toute sa famille thérapeutique (ex: les triptans). Il est conseillé d'essayer chaque molécule (et elles sont très très nombreuses) à la bonne dose et durant un temps suffisamment long avant d'écarter le "médoc". Même raisonnement pour les traitements de fond. Donc "travail" de longue haleine…
    Le problème est que certaines céphalées (maux de tête) peuvent passer pour des migraines alors que leur mécanisme est différent. C'est le cas des céphalées dites de tension.
    Ceci dit il est vrai qu'il parait anormal de changer une équipe qui gagne (principe de Robert Herbin)? Et le dextroproxyphène a rendu de nombreux services avant qu'on ne lui découvre des effets indésirables, certes rares en regard de l'utilisation étendue, mais graves (décès).
    Peut-être sont utilisation pourrait-elle être avantageusement réservée à certaines personnes dans des situations bien particulière ? Mais les instances ont décidé de ne pas faire dans la dentelle… Quant à l'achat dans d'autres pays notamment via l'internet, il n'est pas toujours évident de s'assurer que la composition réelle correspond bien à l'étiquetage…
    Une note d'espoir : la migraine tend à s'infléchir avec l'âge.
    Bon courage et bonne chance quoi qu'il en soit!

  10. En effet, je rentre juste de congés (5 semaines). Je suis en fait en train de préparer une nouvelle version du blog. Mais, chut ! C'est un secret.

  11. Je suis dans le même cas que GTR38 mais plus pessimiste que lui sur les chances de se procurer ce médicament à l'étranger.
    Cette suppression est une catastrophe. Elle poussera les patients à surdoser le paracétamol pur ou à rechercher des traitements réellement dangereux.

  12. Au secours ! Pas d'imprudence avec l'automédication ! Même si elle est malheureusement la règle en matière de migraine et de maux de tête. Car un autre mal guette les imprudents : la CQC (céphalée quotidienne chronique) avec abus d'antalgiques. Autrement dit plus on prend de traitement, plus on a des maux de tête. Et dans ce cas une seule solution : l'hospitalisation et le sevrage total (sous surveillance) qui seul permet l'amélioration ! Je suis désolé mais on ne peut que conseiller de faire appel à son médecin de famille lequel au besoin orientera vers une consultation spécialisée sur les maux de tête (oui ça existe).

  13. bonjour je m'inquiéte un peu à propos de ce produit car en raison d'une hypertension intra-cranienne mon médecin généraliste m'en prescrit et jusqu'ici je ne m'en suis pas inquiété mais j'aimerais avoir votre avis sur l'éfficacité de ce produit vis à vis du diagnostic et savoir si il n'y aurait pas d'autre produits de remplacement

  14. Bonjour, efficace le système d'alerte sur ma boite mail! L'hypertension intra-crânienne étant accompagnée de maux de tête, le Diantalvic est en principe efficace (sur les douleurs). Mais étant donné le contexte en pharmacovigilance (étude des effets secondaires des traitements mis sur le marcher), il faudrait le remplacer. Et le paracétamol (Doliprane, Efferalgan, Dafalgan…) prescrit selon des règles de maximum à ne pas dépasser (par exemple 4g par jour maxi), me semble le plus indiqué s'il est efficace. Sinon il faudrait penser revoir le neurologue afin d'optimiser la balance bénéfice-risque.

  15. consultation par internet? c'est le genre de chose que j'éviterais, le mieux pour cette personne, c'est qu'elle dialogue avec les médecins qui la suivent, leur poser ces questions , dire ses craintes….c'est comme cela que la confiance se construit de part et d'autre.

  16. « Alléluia ! Mais combien de morts pour rien ? »
    Bien puisque vous le dites !!!
    Et pour les patients, comme ma femme, auxquels aucune alternative ne procure le même soulagement en restant en pleine possession de leur moyen ?
    Le choix est-il d’être un légume au quotidien pour éviter des risques qui pourraient induire des procès au professionels médicaux ?
    Vaut-il mieux un suicide rapide qu’un risque d’atteinte du foie ?
    Le risque zéro n’a jamais existé mais plus personne ne veut le voir et un procès qui rapporte du fric vaut de nos jours mieux que la vie descente des malades !
    Franchement : où alons nous ?

    1. Et pour les patients, comme ma femme, auxquels aucune alternative ne procure le même soulagement en restant en pleine possession de leur moyen ?
      Le choix est-il d’être un légume au quotidien pour éviter des risques qui pourraient induire des procès au professionels médicaux ?
      Vaut-il mieux un suicide rapide qu’un risque d’atteinte du foie ?

      Bonjour Jean-Yves,
      Et si vous pensiez à tous ces gens qui sont morts pendant leur sommeil sans que personne ne soupçonne le dextropropoxyphène ? Pour votre femme, je n’ai évidemment pas de solution ici et maintenant, mais mon expérience du retrait de molécules « indispensables » pour certains patients (noramydopyrine, Glifanan, etc.) m’ont appris qu’une solution est trouvée assez rapidement et je n’ai jamais vu quelqu’un se suicider parce qu’il n’avait plus son médicament.
      Le risque zéro n’existe pas, avec
      aucun médicament. Mais il faut que le bénéfice soit vraiment important pour faire risquer aux patients les effets secondaires provoqués par le dextropropoxyphène. Vous auriez été le premier à gueuler si votre femme était décédée à cause de ce produit, vous insurgeant (à juste titre) contre ces médecins qui donnent des drogues mortelles à quelqu’un pour soulager une douleur.

      Ce retrait protège les patients, pas les médecins !

      Et le dextropropoxyphène n’est pas le seul !

  17. Bonjour,

    Impressionnant, le temps qu’il faut pour retirer une molécule du marché. La chronologie de la revue prescrire parle d’elle-même. Dès l’année 2000, ceux qui lisent la revue savent à quoi s’en tenir concernant le bénéfice.

    Pourquoi autant de différence d’un pays à l’autre. En 2003, la Suisse tranche.

    C’est là qu’on se dit que cela va bien au delà du critère santé.
    Les pays doivent avoir à peu près les mêmes infos et pourtant la sanction n’est pas la même.

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