Bachelot nous prend en grippe

Il fallait bien que je le fasse un jour. Après les propos de Roseline, qui semble vivre les réticences des soignants à se faire vacciner comme une insulte personnelle, j’avais envie de faire un peu le point.

La grippe A H1N1 est une véritable pandémie, puisqu’elle touche le monde entier. Sa gravité ne semble pas plus importante que celle de notre bonne vieille grippe annuelle et saisonnière. Mais, il faut savoir qu’en France, il est impossible de trouver des chiffres fiables et solides sur la mortalité de la grippe. Notre système de santé se prête très mal à l’épidémiologie, tout le monde travaillant tout seul dans son coin sans en référer à qui que ce soit. C’est pour ça que nous avons droit à toutes les interprétations possibles de chiffres facilement remis en cause.

Actuellement, malgré l’épidémie au PSG, c’est calme, mais rien ne dit que nous ne seront pas débordés dans un mois. Mais il faut être gonflé(e) pour comparer cette grippe au Sida, à la polio ou au tétanos.

Alors ! Faut-il se vacciner ou pas ? D’un côté, les risques, connus de la grippe et de l’autre les risques, inconnus, du vaccin. A priori, ce vaccin (ou plutôt ces vaccins) ne présentent guère plus de dangerosité que ceux que nous faisons par million chaque année ; mais bien sûr, un doute peu subsister à moyen et long terme.
D’un autre côté, il est prouvé depuis longtemps que la vaccination antigrippale du personnel de santé diminue la mortalité des personnes âgées dans les services hospitaliers — c’est bien plus efficace de vacciner le personnel que les vieux chez qui le vaccin marche moyen. Mais ce virus pandémique semble ne toucher que peu de personnes âgées.
Personnellement, je me suis fait vacciner contre la grippe saisonnière (comme chaque année ou presque) et je dois attendre trois semaines pour avoir l’autorisation de me faire vacciner contre le H1N1. Je verrai à ce moment là.

La vaccination « de masse » par des équipes qui ne connaissent pas les patients, ça ne met pas en confiance. Bien qu’en vingt ans de pratique et après des milliers de vaccinations effectuées sur mes patients, je n’ai jamais vu une seule réaction grave à un vaccin. Ça existe, mais c’est rarissime.

Pour vous aider à prendre votre décision (ou la conforter) vous pouvez lire l’excellente synthèse de la Revue Prescrire.

4 pensées sur “Bachelot nous prend en grippe”

  1. Je suis médecin du travail et j’en arrive aux mêmes réflèxions que vous sur cette grippe. Mme BACHELOT en fait une affaire personnelle car elle joue sa carrière, elle aurait dû s’appuyer sur les professionnels dans cette histoire mais elle s’est crue plus maligne. Heureusement qu’on n’a jamais attendu tous ces politiques pour faire notre métier.

  2. Bien sûr, Mme Bachelot aurait du multiplier par quatre le coût de cette opération en prévoyant que chaque vaccination se ferait chez un médecin libéral après visite médicale. C’est vilain de ne pas en avoir fait aussi une source de profit pour les médecins, infirmières et pharmaciens non hospitaliers !

    Il est amusant de voir que tous les pays ont adopté la vaccination de masse… au grand dam des professionnels de santé mais au soulagement du contribuable !

  3. Bonjour Vincent,
    Vous connaissez bien mal le fonctionnement de nos cabinets. Les patients ne viennent pas uniquement pour se faire vacciner. Ils en profitent pour faire leur « renouvellement » et pour nous parler de leurs autres problèmes. Nous en profitons pour leur parler des autres vaccinations et contrôler si leur histoire de santé est compatible avec un vaccin et quel vaccin (adjuvant/pas adjuvant — virus entier/virus fractionné).
    Le choix de la vaccination de masse s’impose par le fait que les vaccins ne sont disponibles qu’en flacons de dix doses. Ce qui est ingérable dans un cabinet.
    Vu l’ambiance actuelle, des médecins, des infirmières et des administratifs vont être payés à rien foutre dans des centres de vaccination en attendant le chaland.

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