Lettre à une patiente

Chère Madame,

Seulement aujourd’hui, j’ai eu connaissance des courriers du pneumologue vous concernant. Je comprends mieux votre apostrophe de l’autre lundi au marché.
Je suis vraiment désolé de n’avoir pas pu déceler plus tôt le mal qui vous rongeait. Aucun d’entre nous, médecins, interne, radiologue ne s’est douté un moment que vous puissiez présenter une telle pathologie alors que vous n’aviez jamais fumé. Je comprendrais votre colère et votre ressentiment.
Je tenais à vous présenter toutes mes excuses en espérant que le retard dû à nos errements ne vous a pas été préjudiciable.

6 pensées sur “Lettre à une patiente”

  1. Une lettre pareille, c’est donner le bâton à l’avocat de cette patiente pour se faire battre. Attention Dr V. Ne culpabilisez pas si vous ne pouviez pas vous douter une seconde que cela pouvait être un cancer. Ça nous arrive à tous, hélas.
    Vous risquez de renforcer l’idée de la patiente, en vous excusant deux fois, que vous avez commis une erreur, alors que c’est probablement faux. Bon courage et bonnes fêtes quand même !

    1. Bonjour et bonnes fêtes,
      Je ne pense pas qu’une lettre d’excuses puissent aider un avocat quelconque. Contrairement à ce que vous pensez, le fait de s’excuser quand on a pas été très brillant peut vous éviter beaucoup d’ennuis. Peu de gens recherchent réparation, ils veulent, pour la plupart, comprendre ce qui s’est passé et admettent la faillibilité humaine. Ils ne supportent pas la morgue de certains ou les mensonges.
      Cette dame pense déjà que nous avons fait erreur puisqu’elle a changé de médecin(s).

  2. Je suis d’accord avec Docteur V. Les patients acceptent plus facilement un retard de diagnostic ou une erreur si on a le courage de la reconnaître ou de tenter de l’expliquer.
    J’ai eu une fois une menace de plainte au niveau du conseil de l’ordre et peut être plus. Après avoir reçu la famille du défunt, tout c’est arrangé, ces gens là avaient surtout besoin qu’on écoute leur souffrance.
    Une mauvaise communication entre médecin et patient est souvent à l’origine de recours au juridique.
    Je ne pense pas que ce soit dommageable de reconnaître ses erreurs, pour le patient comme pour le médecin.

    C’est courageux et honnête de l’avoir fait.

  3. @Dr V et docteursachs: vous avez raison tous les deux! J’en veux à une clinique qui n’a pas cru en mes douleurs suite à une intervention. Leur examen était toujours négatif, et si mon MG ne me croyait pas saine d’esprit j’ai failli me retrouver en psychiatrie pour une gastrite biliaire non diagnostiquer! J’ai eu des douleurs atroces et surtout me suis cogner contre l’obstination et le silence aussi bien des médecins que de l’infirmerie qui m’ont engueulé pour mes douleurs.
    J’ai eu une fois si mal et l’infirmière de nuit n’a pas répondu à mes appels, que j’ai téléphoné vers 23H à une amie pour qu’elle vienne me voir. Cette amie a fait 70 kms et venu bien plus vite que l’infirmière de service et aller la chercher et lui demanda pourquoi elle ne répond pas à mes appels. Réponse obtenue: elle n’avait pas envie pour une malade imaginaire se déplacer. Par contre quand j’ai casé un verre lors d’une crise, je me suis fais incendie parce que je ne l’ai pas appelé – conclusion un verre casé est plus important que le patient).

    Mon malheur était que je ne pouvais pas sortir tant que je ne m’alimente pas et ca je ne pouvais pas sans subir des douleurs affreuses. je suis sortie contre avis médical, sans avoir signer une décharge, aller voir mon MG qui me voulait hospitalisé de suite tellement ma mine était resplendissante de santé. J’ai refusé, mais dans la nuit hospitaliser en urgence à l’hôpital qui enfin ont diagnostiqué la gastrite biliaire, après que j’ai convaincu un psy que je ne suis pas folle.

    J’en veux beaucoup à la clinique où j’avais un RV de contrôle et le médecin disait qu’une gastrite biliaire n’est pas si grave et que cela nécessitait pas une nouvelle hospitalisation.

    Il fallait déjà aux hôpitaux dans les 6 mois pour enfin vouloir faire une échographie et diagnostiquer les calculs que le MG avait diagnostiquer, demander une échographie et une intervention. Et encore ai-je eu l’échographie uniquement parce que entre temps le foie s’est infecté entre temps avec risque de péritonite lors d’une nouvelle crise de la vésicule – là aussi pas d’excuse uniquement c’était il y a 6 mois. Pas d#excuse, pas d’explication pourquoi ce refus de faire une échographie plus tôt, rien, nada. Idem pour la clinique où j’étais au mieux conside´re comme une malade imaginaire et au pire pour une folle; pas de remise en question de leur part alors que l’analyse sanguine se détériorait quotidiennement (les globules blancs augmentaient). Moi, je voulais comprendre et entendre un excusez moi / nous, mais pas ce mépris manifeste.

    J’étais et suis toujours écœuré au point que j’évite les médecins autant que je peux. Depuis, symboliquement, je griffe encore plus envers ces – par politesse, j’écris pas ma pensée. Les seuls envers qui j’ai confiance sont mon MG en France et mon ophtalmologue d’ici.

    Je vous souhaite une belle et heureuse année 2011.

    Bonne journée

  4. je suis d’accord avec vous, ce que reprochent les gens aux médecins c’est de ne pas reconnaitre leurs erreurs. mon plus grand regret c’est quand un patient n’a pas voulu me revoir, pour qu’on en parle, il a préféré se tourner vers un confrére sans explication.
    Ca demande de dépasser qqs pbs d’égo quand même cette démarche mais je pense que c’est cela qui donne à ce métier quelque chose de particulier et un caractére humain et pas que technique.
    Bonne année à vous tous.
    A vous lire j’ai qqs regrets de ne plus exercer

  5. Rien est plus agressif qu’un silence, terrain propice à l’envie de vengeance.

    Un bâton à l’avocat ? Il s’agit juste d’atténuer une souffrance psychologique par une lettre d’humilité et d’égard envers son prochain.

    29 ans, 900mG de tramadol / jour (oui), 100 mg d’indométacine, 8 ans de douleurs évolutives invalidantes au thorax sans savoir pourquoi, en guise de réponse: des silences émis derrière des bureaux.
    Une conviction qui se renforce:Soit je n’ai plus la force d’avancer, soit je les détruis jusqu’au plus profond de leur être et les mets hors d’état de nuire.

    Le seul cessez le feu réside dans cette lettre d’excuse.

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