J’emmerde les psychosouples

Depuis quelques semaines et le début de l’affaire Médiator, il est de bon ton de lire Prescrire qui, malheureusement, est la seule revue française médicale indépendante et rigoureuse. Pour les autres médecins, les lecteurs de Prescrire semblent faire partie d’une secte de cassecouillogues. Il faut dire que cette revue, en analysant le plus objectivement possible les données actuelles de la science semble prendre un malin plaisir à prendre à contre-pied les habitudes de la plupart d’entre nous.

Donc, cette revue nous apprend par exemple :

  • qu’il ne faut pas prescrire d’antibiotiques dans les maladies virales
  • que les médicaments qui ne servent à rien, ne servent à rien
  • que les médicaments qui ne servent à rien et peuvent être dangereux sont à éviter

Pour certains de nos collègues, c’est trop dur ! Alors, comme ils n’ont aucun argument scientifique à prévaloir, ils contournent.

« Ah ! Oui ! Mais tu comprends, les études, c’est pas la vraie vie… Nous, sur le terrain, on voit les choses différemment… Moi, je n’ai jamais eu de problème avec ce médicament et les gens en sont contents… »

« Vous, à Prescrire, vous êtes des ayatollahs, des psychorigides ! »

C’est vrai. Quand on me dit qu’un médicament est dangereux, je deviens rigide. Je refuse de le prescrire.

Je n’ai jamais prescrit de Vioxx (30000 morts), de Médiator (1000 morts), de Nexen (série en cours), de Cymbalta (série en cours).

Alors, je suis peut-être psychorigide, mais les psychosouples, je les emmerde !

12 pensées sur “J’emmerde les psychosouples”

  1. Merci à vous. Ma mère est morte d’une aplasie médullaire 2 mois après avoir pris de la salasopirine (phonétique) qu’un médecin d’ici lui avait fortement déconseillée et qu’un de Créteil lui a prescrite. Je ne sais pas si ça a eu un tel impact, mais dès qu’elle en a pris elle a été couverte de petites pustules rouges, on lui a fait arrêter d’urgence, et sa ponction avait des cellules cancéreuses alors que celle de 2 mois avant n’en avait pas. Personne n’a fait de procès, on avait pas les moyens, personne n’a cherché à savoir quoi que ce soit.
    Ma grand mère, c’était une semaine après son premier vaccin de la grippe. (elle avait jamais eu la grippe de sa vie, avant)

  2. Et t’as bien raison! je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi tes confrères sont si obtus… y compris ceux qui savent que leur clientèle ne les quittera pas. « Les gens sont contents »!! au secours!

  3. si aujourd’hui je reprenais la médecine générale, je me poserai la question suivante avant de prescrire: est une bonne indication de mettre un trt, quel est le rapport bénéfice risque de le faire et de ne pas le faire et quel est le médicament qui a le fait le plus ses preuves pour ce pb, je ne prescrirai pas le plus récent(je ne l’ai jamais fait non plus avant) et je ferais plus d’actes de prévention.

  4. La question maintenant, c’est comment trouver un médecin psychorigide à côté de chez soi ?
    Prescrire publie pas la liste de ses abonnés, je suppose.

  5. Quand je vois les méthodes des labos et leur argumentation,(juste une femme sublime qui papillonne des yeux avec des petits présents pour être caricatural) je me dis que je rejoindrai le banc des masochistes après les ECN (avant je m’en tiendrai à mon dorosz)…

    En tout cas merci Docteur V d’animer votre blog, ça me permet d’avoir une vision plus objective et globale de ce qu’est la médecine de campagne, ça change de celle des grands pontes de ma faculté qui nous disent que si on est mal classés ont sera MG dans la Creuse comme si c’était un déshonneur.

    PS: vous avez mon mail, si vous êtes partant pour faire plus ample connaissance 😉

    1. Bonjour,
      A Toulouse, les étudiants passent tous en cabinet de médecine générale en 5e année. Leur vision de la médecine générale change alors beaucoup. Du coup, je ne me fais pas beaucoup de soucis pour notre future image. Mais tant que les conditions d’exercice seront celles qu’elles sont, il n’y aura pas beaucoup de « passages à l’acte » avec une installation en libéral.

  6. Bravo doc, tenez le coup. Je sais pas si vous en tirerez les mérites dans cette vie, mais au moins vous ne faites pas partie des collabos.

    Amitiés.

  7. Je suis ravi de voir qu’il en existe des « comme moi » 🙂 Je suis à contre courant de mes confrères environnants qui sont très labo collabo 🙂
    L’important c’est d’avoir sa conscience professionnelle pour soi, savoir dire non aux patients désireux mais surtout leur expliquer pourquoi.
    Grâce à Prescrire, j’ai déjà eu mes petites victoires en étant avant gardiste avant que les autorités publiques ne réagissent sur certaines cochonneries (Coquelusedal, les vasoconstricteurs du nez, ginko biloba,…)
    Moins prescrire ne veut pas dire moins bien soigner.
    Bonne continuation cher confrère.

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