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Dimanche 3 avril 2011
Quand vous êtes médecin généraliste à la campagne et en plus médecin pompier, vous avez assez régulièrement des relations avec le 15, le Samu quoi ! Dans notre coin a sévi plusieurs années un médecin régulateur qui semblait avoir perdu le sens des réalités de terrain à force de ne côtoyer que son téléphone.
Garde un dimanche
Douleurs thoraciques. Arrivée sur les lieux : patient fumeur 40 ans, présentant des douleurs depuis quelques jours. Mais là , ça passe pas ! La trinitrine est inefficace, l’ECG montre un début de sus décalage. Appel au 15 !
— Ya pas tous les critères ! Vous avez son taux de cholestérol ?
Appel du 15 :
— Pouvez-vous vous rendre au village ? Le VSAB des pompiers vous y attend avec une victime qui a mal à l’épaule. Vous pourrez lui donner du paracétamol sublingual.
Elle avait la clavicule explosée et a eu droit à sa dose de morphine. De toute façon, je n’ai pas de paracétamol sublingual dans ma trousse d’urgence.
Sortie avec les pompiers
Patient agité et agressif et « bizarre » ayant pris une cuite la veille. Pas d’autres antécédents ou point d’appel. Je suis perplexe. J’appelle le 15.
— Vous devriez lui mesurer la glycémie. Ça peut donner des agitations.
— C’est ça, je vais demander à ce charmant patient qui nous fout des baffes de me prêter sa mimine pour y planter une aiguille !
À la maison de retraite
Patient de 85 ans avec une insuffisance respiratoire aiguë ; il s’étouffe ! Je demande de l’aide.
— Est ce qu’il est dément ?
Donc, si vous avez quelqu’un de dément qui s’étouffe vous êtes censé le laisser s’étouffer.
Appel du 15Â :
— Les pompiers vous attendent avec un blessé qui s’est tranché le doigt avec sa tronçonneuse.
— Et je vais faire quoi, moi ?
— C’est pour un avis médical.
— Allô ! C’est le Dr V. J’ai vu le pansement. Il manque le doigt. Je confirme.












No 1 — 3 avril 2011 á 17:21
Haha, le paracetamol sublingual. J’en ai les larmes aux yeux.
Une fois : « le patient se sent mal, a un poids sur la poitrine et il dit que ça fait la même chose que le jour où on l’a stenté » « vous croyez qu’il faut qu’on vienne? » Non j’appelle juste parce que j’avais envie de parler.
J’ai aussi subi le cas du dément qui s’étouffe, même appel : même conclusion! Les régulateurs sont les mêmes partout!
No 2 — 3 avril 2011 á 20:26
à propos des déments en maisons de retraite, il faut quand même avouer que l’on manque cruellement de directives anticipées…
Après un bon paquet de gardes au SAMU, je comprends un peu le mode de fonctionnement de certains regs et j’adapte mon discours en fonction. Ceci écrit il plane sans cesse sur eux le fameux couac médico-légal, l’enregistrement rend probablement les choses difficiles quand les gars passent 12 heures de suite au téléphone… Pour le moment j’ai toujours refusé ce rôle et c’est bien parti pour durer. Et je passe sur la gueguerre de territoire entre les pompiers et le SAMU : pffff, c’est vraiment naze ce délire.
No 3 — 4 avril 2011 á 14:40
Et le régulateur,qu’est-ce qu’il prend en sub lingual, lui ?
No 4 — 9 avril 2011 á 18:03
Bonjour,
Je vois que les choses ne changent pas, mais c’est vrai que les gens ne changent pas, seul le système change, bien dommage !
No 5 — 22 avril 2011 á 12:22
moi je dis qu’ils sont fabuleux!
c’est tristement dramatique, mais vraiment trop drôle.
J’aime beaucoup l’avis médical pour le doigt sectionné…