Tensions avec le cardiologue

Mme M. vient me voir tous les mois (et parfois plus). A chaque fois, bien sûr, il faut prendre la tension. C’est le rituel. Des fois, je m’aperçois que je suis en train de pomper bêtement alors que je n’avais aucune intention de le faire. C’est automatique.

J’ai donc dans son dossier informatisé (mais non partagé) une cohorte de pressions artérielles prises avec soin, avec mon manomètre à mercure (indéréglable). Toutes ses « tensions » sont dans les limites de la normale.

La dame va voir son cardiologue (voyage en voiture, trois quart d’heure d’attente) qui lui prend la tension (bien sûr) et la trouve élevée (bien sûr). Et paf ! Il lui change le traitement. Ma lettre, dans laquelle il est indiqué les trois dernières mesures (normales) n’a aucune valeur. Mes dizaines de mesures ne pèsent rien contre la mesure spécialisée. La dame va avoir le dernier traitement à la mode. Elle est contente.

Pas moi !

La fatigue

Il est parfois difficile de faire comprendre à mes proches la fatigue que je ressens parfois en fin de journée. Le métier de généraliste n’est pas particulièrement physique, mais c’est la tête qui travaille. Arrive un moment où le cerveau demande du repos. La moindre sollicitation devient insupportable, la plus petite exigence devient une montagne. Le bruit du téléphone devient une scie stridente, les cris des enfants qu’on examine une vrille à travers les tympans.

C’est à ce moment que nous sommes dangereux. Notre cerveau n’a plus envie de prendre en charge de nouveaux problèmes, donc nous les nions. “ Ce n’est rien ! Ça va passer ! ”. S’il s’agit d’un appel téléphonique, nous ferons tout pour ne pas y aller.

Une de mes collègues, qui avait fait les études avec moi et avait choisi ce métier, a arrêté il y a quelques années, laissant sa campagne pour un poste aux urgences hospitalières. Je l’ai revue il y a quelques mois.
– Alors, tu ne regrettes pas trop la médecine générale ?
– Oh ! Non, pas du tout. J’étais épuisée. Les urgences, c’est presque des vacances.

Des vacances !!

Vivement les vacances

Aujourd’hui, dernier jour de repos avant les vacances. Je suis de garde le week-end prochain, ce qui va faire douze jours sans interruption avant la quille. Je le redoute. Je commence à m’énerver facilement, à perdre ma patience et mon écoute, à ne plus supporter tous les petites frustrations de ce métier que j’adore, mais qui m’épuise. Je n’ai pas pris plus de trois jours d’affilée depuis le mois de février. J’ai du mal.

J’ai profité de ce dimanche pour faire une longue balade en moto, en solitaire. Au retour, il m’a fallu sulfater la vigne (les raisins ne vont pas nous faire mal cette année), puis piscine. Et la soirée du dimanche habituelle ; courriers divers, comptes et maintenant le blog.

Manquait plus que ça !