Témoin que rien

L’histoire de Marc Machin me semble exemplaire pour expliquer la différence entre une preuve et un témoignage.
Quand je dis que l’homéopathie n’est pas plus efficace qu’un placebo, on m’oppose toujours des « preuves » d’efficacité du genre : « Mon fils avait de l’asthme et depuis qu’il prend de l’homéo, il en a plus ! » ou « Il y a des milliers de gens soulagés par l’homéopathie. » Ce n’est pas une preuve, ce ne sont que des témoignages et comme démonstration scientifique, ça ne vaut rien.

La condamnation de Marc Machin montre bien qu’un témoignage peut toujours être biaisé. Parfois de façon totalement inexplicable. Comment comprendre qu’un innocent puisse accepter de s’accuser d’un meurtre qu’il n’a pas commis ? Pourquoi les histoires médicales que racontent certains patients sont si différentes de la réalité vécue ?

Une preuve, c’est autre chose. C’est quelque chose qui peut-être reproduit à l’identique. Un test ADN est une preuve. Vous pouvez le refaire dix fois, vous aurez dix fois le même résultat. Vous pouvez le faire refaire par d’autres et vous aurez encore le même résultat.

Une étude scientifique peut être une preuve, si elle est bien construite. Si vous étudiez l’action du paracétamol contre la douleur avec une belle étude, vous obtiendrez toujours une action du paracétamol supérieure à celle du placebo. Par contre, si vous demandez à des gens leur vécu du paracétamol, vous aurez ceux qui vous diront que « rien d’autre ne les calme » et ceux qui vous diront que « ça ne me fait rien ».

Dire que l’homéopathie n’a pas fait la preuve de son efficacité n’est pas une insulte contre les adeptes des petits granules, mais un fait. Tous les témoignages n’y changeront rien.