Saletés de métier

Ma fille en revenant d’un stage chez le kiné : « Oh ! Je ne ferais pas ce métier là, les gens sont trop crades ! »

C’est vrai, l’hygiène n’est pas le point fort d’une bonne partie de la population. Je me rappelle mon dégoût lors des premiers contacts avec les patients. Aux urgences, les gens arrivent « dans leur jus ». Ils n’ont pas eu le temps de sauvegarder les apparences en faisant un brin de toilette. Et là ! Surprises !

Le beau mec qui défile sur le boulevard avec son cabriolet vermillon sent le homard pas frais et porte des chaussettes dont ne voudrait pas un chiffonnier enrhumé. Cette belle jeune fille bien maquillée garde la trace (en noir) de son soutien gorge au niveau des épaules. Quand au beau monsieur en costume, nous avons été obligé de faire une fouille quasi archéologique de son nombril retirant une espèce de bourre et comme de la réglisse lors de la préparation pour le bloc opératoire.

Plus tard, lors de mes remplacements, je suis entré chez des gens qui avaient les géraniums tout l’hiver dans la baignoire de l’appartement. Dans les salles de bain, il n’y a parfois qu’une brosse à dents pour toute la famille et elle a l’air bien poussiéreuse.

Il est parfois très difficile d’examiner quelqu’un qui sent particulièrement fort. Mes capacités pour retenir ma respiration sont assez limitées et l’examen prend en général plus de trente secondes. Quand vous passez le stéthoscope dans le dos et que votre nez se trouve en face de l’ouverture du tricot, vous prenez tout à coup des effluves d’urines vieillie, de sueur aigre et de divers parfums non répertoriés chez Dior ou Armani. Ce n’est pas le moment de penser à votre petit-déjeuner !

Vous comprendrez aisément pourquoi les médecins aiment recevoir des visiteurs ou visiteuses médicales, bien pomponnés et qui sentent bon, même s’il est rare de mettre notre nez dans leur décolleté ou derrière leur cravate.