Stockholm, la ville à la campagne


Nous avons passé le long week-end du 8 mai à Stockholm. Au printemps, c’est une ville magnifique, colorée. Les habitants sont très sympathiques et parlent pratiquement tous anglais. Stockholm est située sur plusieurs iles et comprend un nombre impressionnant d’espaces verts. Toutes les photos ont été prises à moins de dix kilomètres du centre de cette ville d’un million d’habitants.

Arizona Dream

Ah ! Que c’était beau ! Que c’est grand, immense et infini ! Les Américains disent « huge ». Il faut prononcer « ioudje » avec quelques frites ou un bol de crème chantilly dans la bouche pour l’accent.

Là-bas, tout est « ioudje » ; les bagnoles, les routes, les hôtels (à Las Vegas c’est même totalement « ioudje »), les paysages, les cookies (25 cm de diamètre avec toutes sortes de noisettes, chocolats, caramels, etc.). Mais c’est surtout un long défilé de paysages sublimes.

4 000 km en moto dans un fauteuil de cinéma à regarder défiler le décor. D’autres photos par ici

Ce qui est dur quand vous fréquentez une autre civilisation, même si vous parlez le dialecte, c’est la foultitude de petites habitudes différentes qui vous compliquent la vie. Premier sandwich : selon les conseils éclairés du Guide du Routard je vais le choisir dans un établissement « qui va bien ». La liste des sandwichs est impressionnante avec divers ingrédients aux noms pas toujours explicites. Bon, je me lance et je choisis « celui-là ». Le monsieur me regarde et me pose une question du genre « watbreddoyououant » avec le plein tube de chantilly dans la bouche et sans ouvrir les lèvres. J’ai fini par comprendre qu’il fallait que je choisisse le pain (il y en avait cinq différents du pain français au pain pita mexicain, en passant par plusieurs pains de mie). Nouvelle question de mon vendeur « yououantnionetuceomato ». Grand silence dans mon cerveau personnel au traducteur défectueux. « I don’t understand » j’avoue. Alors il me montre une vitrine avec des tomates, de la salade, des oignons, etc. à mettre en plus dans mon pain. L’épreuve suivante et balbutiante concernait la sauce « ouatsos ? ». J’ai pris « vinaigrette ». Puis il me demande « Pickles ? ». Alors là, j’ai compris du premier coup et j’ai dit « Yesss » avec un grand sourire.

Bon, ça ne valait pas un jambon beurre !

Fin des vacances

Il est vrai que je n’ai pas usé le hamac ces jours derniers. Il sèche entre deux averses.

J’en ai profité pour repeindre quelques pièces de la maison et surtout des portes et des fenêtres. J’en profite pour écouter des émissions de radio podcastées : excellente suite d’émissions de France Culture sur l’Afrique du Sud ou sur l’environnement.

C’est incroyable comme une peinture peut tacher et comme une petite goutte oubliée dans un coin semble avoir la possibilité de s’étaler sur plusieurs mètres carrés. Je vous passe la coulure qui vient gâcher votre beau travail tout lisse, l’insecte coquin qui se pose juste devant le pinceau et fait une belle traînée noire dans la peinture. J’ai aussi quelques pattes de chats venus dessiner des marguerites sur mes portes toutes blanches.

Le peintre quand à lui, vieilli prématurément (cheveux blancs et teint livide) va avoir besoin de s’arracher la peau pour retrouver une apparence « de Docteur ».

Heureusement, avec les peintures à l’eau, le travail est moins beau, mais le nettoyage est plus aisé.

Entre deux couches séchant, j’ai eu le temps de lire un peu :

  • « En zone frontalière » de Sherko Fatah : livre traduit de l’allemand, sur un passeur qui fait de la contrebande en Irak. C’est un bouquin d’ambiance où le seul élément immuable au milieu du chaos semble son sentier au milieu des champs de mines. Difficile de dire pourquoi, mais j’ai beaucoup aimé. C’est complètement dépaysant.
  • « Comme un roman » de Daniel Pennac : je n’avais plus rien à lire (l’horreur !), j’avais donc entamé la relecture de la Fée Carabine. C’est toujours un bonheur de se retrouver dans le monde parallèle de Pennac avec ses petits vieux héroïnomanes, ses mères indignes et son bouc émissaire. Je me suis rendu compte alors que je n’avais rien lu d’autre de lui que les « Malaussène » et que ses livres pour enfants. Notre médiathèque ne m’a proposé que cet essai sur la lecture et son apprentissage que je me suis surpris à apprécier. Comment quelque chose d’aussi merveilleux que la lecture peut-elle être transformée en purge par l’Éducation Nationale ? Et comment faire pour redonner le goût de lire que nous avons tous eu au moins en CP ? Ses remèdes me semblent un peu miraculeux pour vraiment fonctionner, mais il est autorisé de rêver un peu.
  • « Le Ventriloque Amoureux » d’Hubert Haddad : un livre étonnant mêlant texte et dessins, onirique et un peu surréaliste. Les aventures d’un fou, peut-être pas fou qui fait naufrage sur une île déserte avec un asile. Très vite lu. Moyen.

Et au cinéma, le film « 2 Days in Paris » de Julie Delpy avec Julie Delpy, réalisé, écrit, chanté par Julie Delpy. Un Woody Allen sans le génie. Un rien lourd, un peu long, il passera très bien à la télé.

La sacoche est prête, l’agenda du mois est imprimé. Retour au boulot Lundi.

La suite des vacances

Un hamac, un rayon de soleil et un bon bouquin : je n’en demande pas plus.

Au menu cette semaine :

Prof is beautiful : un livre sur les profs, écrit par un prof, leurs problèmes, leur mal d’éduquer. C’est verbeux, souvent confus, mais intéressant. Je préfère et de loin le blog du Profanonyme. Je n’ai jamais bien compris pourquoi l’Education Nationale a l’air de fonctionner en dépit du bon sens, et je vois que les pauvres profs qui subissent le système n’ont pas trop l’air de savoir pourquoi non plus. Mais il est si difficile de faire changer les gens et les habitudes !

Soleil du Crépuscule de Fang Fang : un roman chinois un peu déjanté, aucun personnage ne reste longtemps très sympatique. Une vieille grand-mère dont personne ne veut qui se suicide, mais pas tout à fait. La lâcheté quotidienne, la mesquinerie, mais avec un humour omniprésent. Pas un chef-d’œuvre, mais un bon moment de lecture.

J’ai découvert aussi les bandes dessinées de Jîro Taniguchi. Un régal. Avec Persépolis et Le Photographe mon “best of” de ces dernières années.

Le hamac étant impraticable sous la pluie, je suis allé voir The Bubble. Un film israélien qui ne peut se passer qu’en Israël ! Poignant, tendu, drôle, dramatique ! Vous ressortez un peu sonné et largement remué. Déconseillé aux homophobes !

Lectures d’été

C’est bon de pourvoir lire toute la nuit sans regret ni angoisse du lendemain. De quitter son bouquin la tête à l’envers, la vision embrumée et la cervelle pleine d’images et de sentiments divers.

Au menu cette semaine :
L’histoire de Bone par Dorothy Allison, l’histoire bien triste de la misère et de l’alcool. Des personnages bien attachants et bancals à souhait. Que du malheur ! Et pourtant que d’envies de vivre. Bien écrit et bien traduit !

Double jeu de Yaïr Lapid : un polar avec un détective privé. Aussitôt lu, aussitôt oublié. L’action se passe en Israël, mais pourrait se situer à Vénissieux !

Les requins de Trieste de Veti Heinichen : un avatar du commissaire Brunetti mais Trieste ne vaut pas Venise. Pourquoi les polars qui se passent en Italie sont écrits par des étrangers ? Sauf bien sûr l’inimitable Camilleri et son Montalbano.

Voir les 4 Fantastiques au cinéma avec ma fille m’a donné envie de relire quelques vieux « Strange » de ma jeunesse. Bon, et bien j’ai vieilli.

Marchons

Il y a longtemps que je n’avais pas eu mal aux jambes comme ça. Mais ça valait le coup. J’aime ces balades en moyenne montagne. Il n’y a quasiment personne, les paysages sont magnifiques et verdoyants, la flore et la faune riches et colorées.
Dès que vous voulez aborder les lacs ou les lieux célèbres des Pyrénées, c’est la foule. Durant cette balade de cinq heures avec 600 mètres de dénivelé, nous n’avons pas rencontré plus dix personnes.

Mais ne le dites pas, « ils » viendraient !

Les vacances

Enfin ! Après cinq semaines à plus de 60/70 heures par semaine, les vacances sont là ! Les derniers jours de consultation ont été assez bizarres. De mon côté, je me sentais quasiment parti, désirant seulement expédier les affaires courantes, par contre, les patients, eux, voulaient que je règle tous leurs problèmes avant mon départ.

C’est typique de la dyssymétrie permanente qui existe entre médecin et patients. Pour le médecin, les cas se répètent et se ressemblent, pour le malade, c’est une histoire unique et importante. Il faut toujours que je fasse attention à cette réalité pour éviter de traiter par-dessus la jambe ce que je considère être de la routine.

Je me rappelle une discussion avec des cancérologues. Des cancers, ils en « bouffaient » toute la journée, pour le médecin généraliste, ce ne sont que quelques cas par an et pour le patient, c’est SON cancer.

Là, je pars m’aérer les méninges à la montagne.

Adieu la routine et les « cas » !